Les Bonnes


De Jean Genet

Mise en scène : Numa Sadoul

Avec : Emmanuelle Lasfargues, Emmanuelle Lorre et Nathalie Berthon / Mekioussa Boudjema

Musique originale : Manuel D

Durée : 1 h 30


Deux femmes sont enfermées dans une pièce remplie de fleurs et procèdent à une sorte de jeu, un rituel funéraire autour d’une dame défunte dont elles endossent tour à tour la personnalité pour exécuter un cérémonial du désespoir, de la haine et de l’amour. Qui sont-elles ? Des domestiques ? Qui est cette morte qu’elles appellent “Madame” ?

Un chef-d’œuvre du théâtre moderne, d’autant plus passionnant que son message nous interpelle au plus profond de nous-mêmes.



Les Bonnes : un drame qui nous tend un miroir à peine déformant. Une pièce à la dimension considérable, un événement culturel et philosophique. Les Bonnes représentent la quintessence de l’art de Jean Genet, chantre des noirceurs de l’âme humaine, du malaise de vivre, parfait illustrateur du théâtre de la cruauté.


Cette pièce ne nous apprend rien sur les trois femmes, ni sur leurs motivations, ni sur leur présence ici, ni sur leur avenir. Ce qui est visible, c’est l’importance de “Madame” pour ses bonnes. Claire et Solange ne peuvent vivre sans elle ; même morte, la patronne tire toujours les ficelles…


Les Bonnes ont été créées à Paris par Louis Jouvet le 19 avril 1947. Leur source la plus probable est le tragique fait divers des sœurs Papin qui défraya la chronique judiciaire en 1933. Genet se penche sur cette affaire pour mieux fouiller dans les noirceurs de l’âme humaine et créer un espace cérémoniel où la mise à mort commence par le simulacre, non pour écrire un “plaidoyer sur le sort des domestiques”.


Cette histoire a, par ailleurs, été illustrée par Michel Dumoulin (Les Bonnes, téléfilm), par Nico Papatakis avec Les Abysses, scénario de Jean Vautier, en 1962 — salué par les plus grands intellectuels, dont Genet lui-même, ce film provoqua un scandale au Festival de Cannes —, par Claude Chabrol dans La Cérémonie, par Nancy Meckler (Sister, my sister), et plus récemment par Jean-Pierre Denis (Les Blessures assassines) et Claude Ventura (En quête des sœurs Papin, documentaire).